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vendredi 15 mars 2024



DOUG  WICKENHEISER  AU  TDLHDCH : LA  HONTE  EST  SUR  LE  CANADIEN  DE  MONTRÉAL...

Il y a deux ans, pour seulement la 6e fois depuis l'instauration du repêchage amateur de la Ligue Nationale de Hockey en 1963, le Canadien de Montréal détenait le tout premier choix.  Ce choix s'est arrêté sur Juraj Slafkovsky un Slovène qui a joué son junior pour le TPS Liiga (Finlande).  C'était la première fois depuis 1980 que le CH avait le privilège d'ouvrir l'encan amateur de la LNH.  Cette année-là, le tricolore avait sélectionné Doug Wickenheiser, des Pats de Régina, de la ligue junior de l'Ouest Canadien.

À cette époque, le règlement de la Ligue imposait de ne repêcher les jeunes joueurs qu'à partir de l'âge de 19 ans.  Wickenheiser avait été un hockeyeur dominant depuis sa tendre enfance, partout où il avait évolué, et à tous les niveaux.

À sa dernière année junior, avec les Pats de Régina, en 71 parties, il avait marqué 89 buts et ajouté 81 aides pour 170 points, en plus de 99 minutes de punitions.  En 18 matchs éliminatoires, le colosse joueur de centre de 6'1", 201 lbs avait enregistré 14 filets et 26 aides pour 40 points, et 22 minutes passées au cachot.  Il possédait tous les atouts, y compris la robustesse d'un gros joueur de centre, un idéal recherché par toutes les équipes.



On disait qu'il était du même calibre que nul autre que Wayne Gretzky.  Bref, il faisait l'unanimité chez tous les clubs de la LNH comme premier choix logique du repêchage de 1980.  Mais il y avait quelques dissidents chez les éclaireurs du Canadien de Montréal.  Au moins deux d'entre eux voulaient plutôt que leur organisation prenne Denis Savard, qui jouait dans leur cour, avec le Canadien Junior de Montréal.

Le recruteur en chef des Habs, le "prof" Ron Caron, n'était pas du même avis, et c'est ainsi qu'il a tranché en faveur de Wickenheiser.  Un choix entériné par le directeur général de l'équipe : Irving Grundman, mais qui, selon ce qu'on a appris plus tard, n'enthousiasmait guère l'entraîneur en chef du Canadien, Claude "Piton" Ruel, qui préférait -et militait en faveur du Québécois- Denis Savard.  Auparavant, Ruel avait travaillé longtemps comme recruteur pour le bleu, blanc, rouge.

Cela aura des conséquences néfastes pour Wickenheiser, qui se fera niaiser par Ruel, et qui aura l'immense pression de subir les comparaisons avec Savard, qui s'affirmera dès sa venue avec les Blackhawks de Chicago, qui l'ont sélectionné au 3e rang cette année-là (derrière le défenseur Dave Babych, repêché par les Jets de Winnipeg).



Cette saison-là, le petit joueur de centre de 5'10, qui pèsait à peine 140 livres, produit déjà à un rythme d'un point par match, et il marque 28 buts, dont son tout premier au forum de Montréal contre le CH, et devant Wickenheiser qui doit se contenter de le regarder jouer depuis les estrades où il a été envoyé par Ruel, qui veut lui éviter la pression de jouer contre Savard devant la foule des partisans montréalais, dont plusieurs auraient voulu que le CH choisisse Savard à la place de Wickenheiser.

Le no 18 des Hawks, natif de Pointe Gatineau est gonflé à bloc ce soir-là, devant ses amis et ses parents qui assistent à la partie.  Cerise sur le sundae, en plus de son but, il fournit une assistance sur le but gagnant de Chicago qui l'emporte 5 à 4.  Auparavant, à son tout premier match avec les Hawks, Savard avait connu des débuts fulgurants en amassant trois mentions d'aide contre les Sabres de Buffalo.

La suite sera du pareil au même pour Savard et Wickenheiser.  Jusqu'en 1996-97, année de sa retraite, l'ex-porte-couleurs du Canadien Junior aura gonflé son total de points à 1 338 (et 175 en séries éliminatoires), et il sera élu au Temple de la Renommée du Hockey en 2000.  Il aura étourdi bien des adversaires, et des gardiens de buts adverses, avec son fameux "spin-o-rama" (tour complet sur lui-même pour déjouer les opposants).



Échangé aux Canadiens en 1990 contre Chris Chelios, il remporte sa seule Coupe Stanley en 1993, grâce à cette équipe québécoise avec laquelle il rêvait de jouer depuis son enfance.

Pendant ce temps, Wickenheiser verra sa carrière ruinée par Claude Ruel et le tricolore.  Son coach ne l'aimant pas, il ne lui faisait pas confiance.  Il l'a fait poirotter dans les gradins pendant la moitié de la saison en ne lui faisant jouer que 41 matchs durant lesquels Wickenheiser n'a noirci la feuille de pointage pour seulement sept buts et huit passes.

Légère amélioration la saison suivante après le départ de Ruel, remplacé par Bob Berry (12 buts, 23 passes pour 35 points en 56 joutes) mais le jeune homme est encore mentalement fragile, et son nouveau coach l'a déplacé de centre à ailier, position où le jeune homme n'est guère à l'aise.



Mais il gagne en confiance la saison d'après.  Il offre de meileures performances en se bâtissant une fiche respectable de 25 buts, 30 aides, pour 55 points en 78 rencontres.  Mais en trois saisons complètes à Montréal, on ne lui permettra pas de jouer un seul match en séries éliminatoires.  Un affront et un manque de respect évident.

Puis, en 1983 c'est la catastrophe.  Après 27 parties, il n'a que cinq filets et cinq passes à son actif.  Le directeur-général du Canadien, Serge Savard, perd patience à son endroit, et il l'échange aux Blues de St-Louis, là où le "prof" Ron Caron vient d'être nommé directeur-général.

C'est lui qui a recruté Wickenheiser en 1980 à Montréal.  Il croit dur comme fer à son ancien protégé, et il ne s'est pas gêné pour critiquer les dirigeants du CH qui, selon lui, ne savent pas comment s'y prendre avec leurs jeunes joueurs «en voulant les casser»; soit en les confinant fréquemment dans les estrades, soit en les envoyant faire de longs séjours dans les ligues mineures.



Ironie du sort, Serge Savard croyait frapper un coup de circuit dans cet échange qui a envoyé Wickenheiser, Gilbert Delorme et Greg Paslawski à St-Louis, en retour du gros ailier gauche Perry Turnbull (photo ci-dessus), qui sera un flop monumental à Montréal (six buts, sept passes en 40 parties) avant d'être échangé la saison suivante aux Jets de Winnipeg contre Lucien Deblois.

À St-Louis, sous les ordres de l'entraîneur Jacques Demers, Wickenheiser prend confiance et s'établit comme un des bons joueurs défensifs de la LNH.  En 1984-85 il s'affirme aussi en offensive en faisant scintiller la lumière rouge des buts adverses à 23 reprises, en 68 matchs (23-20-43).  Demers déclare alors, que Doug devient le joueur étoile qui remplit enfin les grandes promesses que l'on avait mises en lui.

Mais la saison suivante, le 13 mars 1986, le malheur arrive quand Wickenheiser subit une grave blessure à un genou après avoir été frappé par une automobile près d'une pizzeria, à Eureka, dans le comté de St-Louis.  Il ne retrouvera jamais sa mobilité complète et sa carrière de hockeyeur va s'écrouler.  Caron l'abandonne et lui suggère de changer de profession.  Soumis au ballottage, Wick est repêché par les Canucks de Vancouver, où il ne jouera qu'une saison... sur le 4e trio.



Dans les années suivantes, il ne se produira que sporadiquement avec les Rangers de New York (un seul match en 88-89) et les Capitals de Washington (43 parties, de 1988 à 1990).  Ensuite il aboutira dans la Ligue Américaine (Skipjacks de Baltimore) avant de s'exiler en Italie (Asiago HC en 1990-91), et en Autriche (Klagenfurt en 1991-92), avant de finir sa route à Bayreuth, en Allemagne.

Son parcourt de hockeyeur passera ensuite par la Ligue Internationale chez les Rivermen de Peoria (1992-93) et les Komets de Fort Wayne (1993-94).

Le mauvais sort s'acharnera sur lui en 1990 quand on décèlera une rare forme de cancer à un de ses poignets.  Mais à ce moment-là les médecins jugent la chose bénigne.  Quatre ans plus tard on doit toutefois l'opérer pour enlever un kyste.  Mais en octobre 1997 il est atteint d'un cancer du poumon.  Puis l'année suivante, c'est son cerveau qui est attaqué par la terrible maladie.  Il décède le 12 janvier 1999.  Il n'avait que 37 ans. 



Quarante-quatre ans après avoir été le premier choix du repêchage par le Canadien, on le considère comme le pire "flop" de l'histoire du club montréalais, comparé à d'autres sélections no 1 comme Réjean Houle (1968), et Guy Lafleur (1971, photo ci-dessus).  Mais il y avait pourtant eu bien pire, avec le tout premier choix du premier repêchage, en 1963, quand le CH avait réclamé Gary Monahan (0 point en 14 parties, de 1967 à 1969) et le gardien Michel Plasse (un médiocre substitut de 1972 à 1974).

En somme, d'ailleurs, très peu de choix de première ronde ont eu du succès avec le Canadien.

C'est à contre-coeur que Doug Wickenheiser fait son entrée au Temple de la Honte du CH (Habs Hall of Shame).  La honte n'est pas sur lui mais bien sur les dirigeants du club de hockey "Les Canadiens", qui ne lui ont pas donné la chance d'exploiter son immense potentiel en l'humiliant par de nombreux "voyages" dans les gradins, au début d'une carrière qui ne décollera jamais vraiment avec la Sainte Flanelle.

Ils lui ont mis trop de pression sur les épaules, les médias montréalais l'ont descendu, et Wickenheiser a souffert des comparaisons avec Denis Savard qui, lui, avec les Blackhawks de Chicago, a été placé tout de suite sur le premier trio, ainsi que sur le jeu de puissance, et qui a ainsi pu démontrer tout son talent, pour réussir ainsi  à briser le record de son club pour le plus de points (75) amassés par une recrue.



Dans une interview en 2000, Bryan Murray, (photo ci-dessus) le dernier coach de Wickenheiser avec son club junior des Pats de Régina, et qui devait par la suite devenir un entraîneur et un directeur-général dans la Ligue Nationale (Washington, Détroit, Floride, Anaheim, Ottawa) a bien résumé le gâchis du Canadien avec leur premier choix de repêchage de 1980 : 

«Ils ont ruiné sa carrière.  C'était un jeune homme d'une petite ville qui avait été le meilleur, peu importe ce qu'il faisait.  C'était un athlète naturel -le meilleur joueur de balle, le meilleur joueur de hockey, et de loin.  Et soudainement il n'est pas assez bon pour jouer ?!  Ils l'ont assis dans les estrades.  Ils ont ruiné sa confiance, il est devenu tout mêlé, dépressif, a commencé à boire.  Il ne savait pas comment prendre ça à un si jeune âge, et ça n'aurait jamais dû se produire.  Il était plus que capable de jouer dès le début, il était un superbe joueur de hockey.  Il n'aurait jamais dû passer un seul match dans les estrades», de conclure Murray.  

Il en a passé 30 dans les gradins, à sa première saison avec le CH...



Quelle triste histoire que celle de Wickenheiser...  Lui qui était un jeune hockeyeur si prometteur, autant, sinon plus que Wayne Gretzky.  Les dirigeants du Canadien avaient en lui un joyau qui aurait pu relancer leur équipe qui, après quatre Coupes Stanley d'affilée (1976, 1977, 1978, 1979) devra traverser une période creuse avant d'en gagner une autre en 1986, avec le jeune gardien recrue Patrick Roy en tête.

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vendredi 20 mai 2011

L'ABERRANTE HISTOIRE DE GILLES LUPIEN


Difficile de trouver histoire plus aberrante que celle de Gilles Lupien, le deuxième joueur à être intronisé au Temple de la Honte du Cacanadien de Mourial. Plus grand joueur de son époque... à six pieds six pouces (210 livres), il a pu réaliser son rêve de jouer pour le torCHon, mais son absence de talent et son caractère contradictoire ont raccourci sa carrière dans la Ligue Nationale de Hockey. Par un beau matin de 1959, à l'âge de cinq ans, chez lui à Brownsburg, au Québec, le petit Gilles raconte à sa mère qu'il s'est vu, en rêve, marquer un but pour le CH, avec l'aide de Jean Béliveau. C'est un garçon gentil et serviable qui aime venir en aide à sa famille et aux gens de son entourage. Passionné de hockey, il regarde assidûment les parties de son club de héros, à la télévision. Il apprend à jouer et finit par atteindre le niveau junior avec les Remparts de Québec en 1971. L'année suivante il est échangé aux Castors de Sherbrooke et ce n'est pas très long avant qu'il ait maille à partir avec son entraîneur, le bouillant Ghislain Delage. Celui-ci veut que Lupien se batte contre les fiers-à-bras des clubs adverses pour protéger ses coéquipiers et intimider les opposants. Le jeune homme de dix-sept ans refuse ce rôle. Un bon soir, durant un match, Delage ordonne à Lupien d'aller au combat contre un rival. Voyant que son grand joueur n'obéit pas à son ordre, il lui crache au visage. Revenu au vestiaire entre la deuxième et la troisième période, Lupien s'essuie la figure avec sa manche, enlève son uniforme et son équipement de hockey, et il s'en va. Dans son esprit il est clair que sa carrière est finie.



Cependant, la saison suivante, le Canadien Junior s'intéresse à ses services et Roger Bédard lui téléphone pour lui demander de revenir au jeu. Le défenseur format géant accepte à condition qu'il n'ait pas à jouer le rôle de policier. Cette année-là, il ne jettera pas les gants une seule fois, mais il sera abreuvé d'injures et d'insultes de la part des spectateurs qui assistent aux joutes du Junior. Avant le début des matchs, durant l'hymne national, il se fait lancer des oeufs, des écrous, des mégots de cigarette et d'autres genres de projectiles. Il reçoit même une menace de mort. Il a vraiment la trouille. Écoeuré de se faire traiter de peureux et de lâche, Lupien réagit et finit par faire ce qu'on attend de lui. Il consent à devenir un pugiliste malgré sa nature pacifique. Pour nous placer dans le contexte historique, nous sommes à l'époque des Broad Street Bullies. Les Flyers de Philadelphie imposent leur loi en intimidant leurs adversaires par un style de jeu rude et violent. Les autres équipes sont dans l'obligation de renforcer leur personnel en faisant appel à de gros joueurs pour assurer la sécurité de leurs coéquipiers et leur donner de l'espace de manoeuvre sur la patinoire.




C'est pourquoi, au repêchage amateur de 1974, les CHieux sélectionnent Lupien en deuxième ronde (33e choix au total). Après avoir complété son stage junior, Lupien continue d'apprendre son métier d'homme fort en Nouvelle-Écosse avec le club ferme du CH dans la Ligue Américaine. Il fait son entrée dans la LNH avec les CHaudrons en 1977. Il réalise son rêve d'enfant mais pas comme il l'avait imaginé. Lorsqu'il ne fait pas partie de l'alignement comme sixième défenseur, il est relégué aux estrades, à la galerie de la presse ou aux mineures. Lent comme un colimaçon, piètre patineur, et pas assez robuste pour son gabarit il est jumelé à Serge Savard par l'entraîneur Scotty Bowman afin que "le sénateur" corrige ses multiples erreurs. Le grand piquet n'est vraiment utile à son club que lorsqu'il joue des poings. Il n'est pas un bon batailleur mais son physique imposant lui permet de s'en tirer plus souvent qu'autrement avec les honneurs de la guerre... Comme il le confiait aux journalistes à l'époque : "je ne suis pas con, je connais mon rôle et je sais que je ne serai jamais dans les Ice Capades".




En tout, avec les Canailliens, il ne participera qu'à 174 parties éparpillées sur trois saisons (1977-1980). Sa fiche : seulement 3 buts et 22 points mais pas moins de 341 minutes de pénalités et deux Coupes Stanley (aucun point et 21 minutes de punitions en 25 matchs éliminatoires) ! Lupien aura tout de même eu le temps de laisser son empreinte grâce à quelques faits cocasses. C'est ainsi qu'il a grandement contribué au dernier but marqué par l'illustre Gordie Howe. Lors de la séquence du jeu en question, le no 24 du CHicolore voit s'avancer vers lui le père Howe. Parce qu'il respecte trop le vieux vétéran des Whalers, il s'abstient de le frapper alors qu'il en a l'occasion, et ensuite, le lancer du célèbre no 9 touche sa culotte avant de déjouer le gardien ! De retour au banc, Gilles se fait engueuler comme du poisson pourri par le pilote Claude Ruel (photo ci-dessus) à cause des gaffes qu'il vient de commettre. Rapidement, le management du Cacad'CHien finit par se lasser des lacunes de leur défenseur sous-doué et il est échangé à Hartford en 1980. Comble de l'ironie, à son premier match avec les Whalers, le 22 février 1981, contre les Rangers de New York, le maladroit défenseur québécois inscrit deux buts ! Ce seront ses deux derniers ! Il n'évolue que pendant vingt rencontres avec sa nouvelle équipe avant d'être expédié à Pittsburgh où il ne fera pas de vieux os non plus (31 parties). La saison suivante, il retourne jouer avec les Whalers pour un match avant d'être muté avec leur club ferme de Binghamton où il accrochera définitivement ses patins.




Par la suite, Lupien investira dans la restauration ("Dunkin' Donuts" et, bien plus tard, "Boston Pizza" avec ses deux enfants) et deviendra agent et représentant de hockeyeurs. Son franc-parler et son habitude de ne pas mettre de gants blancs pour juger ses confrères agents (qu'ils qualifient d'hypocrites et de vautours) ou négocier avec les directeurs-généraux de la LNH, lui vaudront de nombreux détracteurs. Ce qui contraste, soulignons-le, avec l'image de bon samaritain qu'il s'attribue lui-même depuis son enfance. Se souvenant des entraîneurs qui l'ont humilié durant ses années juniors en le forçant à se battre contre son gré, Lupien a mené une croisade contre la violence au hockey juvénile. Tenant les coachs responsable en grande partie de cette situation navrante parce qu'ils poussent leurs jeunes joueurs à adopter des comportements violents, il a un jour traité Richard Martel (photo ci-dessus), autrefois pilote des Saguenéens de Chicoutimi, "d'abuseurs d'enfants", ce qui lui a d'ailleurs valu une mise en demeure de la part du principal intéressé (en 2008).




Conscient de la pression exercée sur les joueurs par les partisans et les médias moronréalaids, connaissant en plus la lourdeur du système d'imposition en vigueur dans la Belle Province, Lupien n'a jamais trop conseillé aux joueurs dont il défend les intérêts de signer un contrat avec les Cannes à CHiens de Mourial. Même s'il laisse le dernier mot à ses clients, ce n'est probablement pas pour rien qu'en 2001 Martin Lapointe a préféré l'offre des Bruins de Boston à celle des CHaudrons de la métropauvre. Les bonzes de l'organisation mourialaise n'ont pas dû aimer non plus la réponse de Lupien à la question qu'un journaliste lui posa un jour pour savoir comment le Cacanadien avait fait pour établir des dynasties dans les années cinquante, soixante et soixante-dix. L'ancien défenseur de la Sainte Guenille a expliqué que c'était facile à comprendre. En ce temps-là, à chaque repêchage, a-t-il fait remarquer, le CH avait la priorité pour embaucher deux joueurs amateurs du Québec non signés. Ce privilège a cessé en 1969 mais les athlètes engagés avant cette date ont continué de profiter au Bleu, Blanc, Merde jusqu'en 1980. C'est pourquoi, de 1950 à 1980, le torCHon a accumulé seize Coupes Stanley et, qu'après, il n'en a gagné que deux (GROS, GROS, GROS MERCI à Patrick Roy pour ces exceptions-là). Quoi qu'il en soit, Lupien, par ses déclarations "froissantes" et son attitude baveuse ne s'est pas attiré les éloges de Pierre Boivin (photo), le président du Caca de 1999 jusqu'à 2011. Celui-ci l'a déjà sorti du Centre PouBell en lui enjoignant de ne plus jamais y remettre les pieds. Son interlocuteur avait simplement rétorqué qu'il avait son abonnement de saison aux parties locales des CHieux.



Aujourd'hui âgé de 57 ans, Gilles Lupien n'a toujours pas la langue dans sa poche et il peut donner occasionnellement des coups de gueule intempestifs. Mais lorsqu'il repense à sa carrière de joueur de hockey, il est serein et il considère, en se remettant dans la perspective de l'époque, qu'il s'est bien acquitté des tâches qu'on lui a confiées. Il a vécu de grands moments avec des clubs champions, autant dans la Ligue Américaine que dans la Ligue Nationale. Mais il ne s'accomodait guère de la vie publique de vedette du hockey à Mourial. Il préférait garder un profil bas, s'effacer ou passer inaperçu en dehors de la patinoire. Disons qu'il n'était pas du genre à désirer être idolâtré par un fan club. C'est pourtant la chose la plus inattendue et la plus insolite qui lui soit arrivée.





En 1977, dès sa première année dans la grande ligue, un fan club Gilles Lupien a été créé à... Calgary par des étudiannts universitaires ! Pourquoi ? On ne le saura peut-être jamais... Lupien était un joueur marginal, pas bien établi dans le circuit professionnel. Sa place était incertaine et ses présences sporadiques dans l'alignement du torCHon. Il semblait trop grand pour jouer au hockey. Il était gauche, il manquait de coordination, de mobilité et de talent. C'est possiblement parce qu'il en arrachait et paraissait mal dans ce corps démesuré que des gens de l'ouest canadien ont éprouvé de la sympathie pour lui. Bien que l'on soupçonne plutôt que la naissance de ce fan club ne découle que d'une "joke" d'étudiants, de joyeux drilles en mal de divertissement ou d'une façon de se faire remarquer dans un loufoque carnaval comme il y en a souvent sur les campus universiraires. À cause de son rôle de bagarreur, les amateurs de hockey des autres villes de la LNH huaient Lupien et lui lançaient des objets de toutes sortes. Partout sauf au vieux Calgary Corral... Lors de ses passages dans cette ville, que ce soit dans l'uniforme du CH, des Whalers ou des Penguins, Lupien pouvait compter sur les membres de son fan club. Certains se déplaçaient même pour l'encourager durant les pratiques. Et si Gilles avait la chance de faire partie de l'alignement pour le match qui suivait, il bénéficiait du support inconditionnel de "ses" partisans. Quel réconfort de recevoir quelques tapes amicales dans le dos au lieu des projectiles et de l'hostilité habituelle des fans des autres équipes de la Ligue !



En 2007, coiffés de leur casquette identifiée à leur groupe, les membres du fan club de Lupien se sont réunis à Jaffray, en Colombie-Britannique, pour célébrer le 30e anniversaire de leur association. Même si Gilles comprend qu'il y a une connotation humoristique accolée à cet organisme destiné à lui rendre hommage, il se dit fier de son fan club. Lorsqu'on le questionne à savoir s'il ne trouve pas un peu étrange d'avoir, premièrement, un fan club et, deuxièmement, que ce club soit toujours actif après tant d'années, Lupien répond tout simplement non. Après tout ce n'est pas la seule marque d'affection qu'on lui a donnée. En son honneur, l'aréna de son coin de pays natal, Brownsburg, porte également son nom. Et, à partir d'aujourd'hui il est membre du HABS HALL OF SHAME ! Ce n'est pas rien ! Ha ! Ha ! Ha !